CONGRÈS
Cool and Comfort 78 – septembre 2018
Les pompes à chaleur vont-elles bientôt améliorer la qualité de vie ?
EHPA – Décarboniser les villes
Le 16 mai, l’EHPA (European Heat Pump Association) a organisé un congrès à Vienne sur le thème esquissé l’année précédente : décarboniser le chauffage en milieu urbain. Les pompes à chaleur seraient la meilleure solution, mais il reste beaucoup d’obstacles.
« Près de 70% de la population européenne vit en milieu urbain; ce chiffre devrait atteindre 85% en 2050 », explique Martin Forsén, président de l’EHPA. « Stockholm a amélioré la qualité de l’air en installant des pompes à chaleur. L’année dernière 320.000 pompes à chaleur ont été installées à Péking. La dynamique qui s’est installée fait pâlir d’envie les Européens. C’est pourquoi nous avons accueilli cette année une délégation chinoise. »
Système bivalent
Patrick Crombez, general manager heating SBU (Daikin Europe) : « Les fabricants doivent réfléchir avec les installateurs et les clients. Les particuliers ne vont pas remplacer du jour au lendemain leur installation. Nous devons inclure dans une installation prévue pour 20 ans, un système bivalent, associant une pompe à chaleur électrique et un système de chauffage à combustible fossile, couplés par un système de régulation partagé. Ainsi, le consommateur découvrira les avantages de la pompe à chaleur – fiabilité et efficacité énergétique – et finira par adopter la pompe à chaleur comme système de chauffage unique. »
« Les gens acceptent de vivre en milieu urbain sous certaines conditions », selon Andreea Strachinescu, directeur de New Energy Technologies & Innovation. « Parmi leurs exigences : bonne gestion, sécurité, mobilité, mais également qualité de l’air. »
(In) vivable
Bernd Vogl, responsable à Vienne du planning de l’énergie : « Pour notre ville, nous avons défini un plan par étapes, focalisant sur un seul aspect à la fois. Par exemple, réduire les émissions de CO2 d’un bâtiment, en adaptant à la fois les techniques et le bâtiment, en misant davantage sur l’électricité – également pour la mobilité, et récupérer la chaleur résiduelle de l’industrie, avec en complément le rendement des pompes à chaleur géothermiques. »
Astrid Madsen, conseiller stratégique pour la transition énergétique à Rotterdam: « Nous avons divisé la ville en quartiers et nous avons recherché pour chacun la solution la moins coûteuse par rapport au gaz. Pour tel quartier, ce sont les pompes à chaleur (géothermiques), pour tel autre quartier, c’est un raccordement sur le réseau de chaleur vu la proximité d’une source de chaleur résiduelle, et pour d’autres quartiers, la meilleure solution restait le chauffage au gaz. Mais les émissions et le coût ne sont pas nos seuls critères. Les riverains sont-ils d’accord avec nos choix ? Existe-t-il des projets de construction que nous pourrions d’ores et déjà inclure ? »
Par Rudy Gunst







