CONGRÈS
Cool and Comfort 82 – septembre 2019
L’expertise HVACR réunie à Politecnico di Milano
Les 6 et 7 juin 2019, le 18e congrès mondial sur les technologies les plus récentes en refroidissement et climatisation s’est déroulé à Milan. Le fil rouge et la pomme de discorde tout au long de ces deux journées ont été constitués par l’option en faveur des gaz réfrigérants chimiques (GRC), opposée à l’adoption totale de réfrigérants naturels. HFO, A2L et A3 ont fait l’objet de nombreuses présentations, mais les partisans des gaz réfrigérants naturels ne se sont pas laissés impressionner. Considéré globalement, cela a été un congrès très passionnant pour de nombreuses autres raisons aussi.
Par Rudy Gunst
« Avec plus de 300 participants venus de 32 pays, nous sommes devenus l’une des rencontres les plus importantes du secteur du froid pour les experts et les chercheurs », indique le professeur Ennio Macchi en guise d’ouverture. « Ici, aucun développement nouveau n’est inventé, mais en s’écoutant mutuellement et en partageant les résultats de notre recherche, nous devenons mutuellement plus intelligents. Notre site (Politecnico di Milano) garantit l’environnement scientifique idéal. » La conférence a porté sur 45 présentations, le comité organisateur s’efforçant de trouver un équilibre entre technologie, législation, normalisation et réfrigérants.
« Un événement d’une telle importance qui rassemble autant d’expertise est indispensable pour assurer le bon fonctionnement de l’évolution technologique en réfrigération et climatisation », selon Ayman El-Talouny du United Nations Environment Programme. « Nous évitons de travailler en double et en progressant par nos études mutuelles, nous assurons une impulsion supplémentaire. »
« Qui prend l’initiative pour atteindre les objectifs climatiques, l’industrie ou les pouvoirs publics ? Pour moi, cette question fait partie de la même catégorie que celle de la poule et de l’œuf, car elle n’a rien à faire ici. Ce dont il s’agit réellement est le renforcement et l’utilisation de solutions écologiquement justifiées. La manière dont nous y arrivons n’y fait rien. Les défis créent de nouvelles opportunités, chacun regardant dans la direction R & D. Mais tous les pays gardent-ils toujours présent à l’esprit que nous avons affaire à une seule et même planète. L’UNEP a remarqué ces dernières années qu’un mouvement est né par lequel des anciens appareils (polluants) sont transportés de pays non-art 5 vers des pays art-5. Comme si ceci nuisait moins au climat… »
Gaspillage
Didier Coulomb (IIR) établit le lien entre le refroidissement et la nourriture. « Environ un tiers de la nourriture à la conservation limitée exige un refroidissement, mais dans le monde ceci n’est le cas que pour 14 %. Dans ce contexte, il y a de grands cas régionaux avec 95 % en Europe et seulement 10 % en Inde. Les pays, où l’augmentation de la population est la plus forte et où donc aussi des déficits alimentaires menacent, luttent avec les pertes de nourriture les plus importantes. Dans certaines régions, 30 % de la nourriture part à la poubelle parce qu’elle n’a pas été transportée et/ou conservée dans des conditions optimales. »
Le récit est similaire pour la climatisation et la santé. « Aux États-Unis et à travers tout le XXe siècle, le nombre de décès pendant les journées où la température s’élève au-dessus de 27 °C a reculé de manière spectaculaire avec 75 %. La raison la plus importante en est la climatisation. Mais ici aussi les différences sont énormes. En Inde, moins de 5 % des habitations résidentielles sont équipées de la climatisation, en Europe environ 10 % et aux États-Unis plus de 90 %. »
« Il y a encore beaucoup de pain sur la planche », résume Marco Buoni (AREA) au congrès. « Les gaz réfrigérants avec une part élevée en GRC doivent disparaitre le plus vite possible du marché, ce qui sera plus facile pour une application que pour une autre. Lors de la conception de composants compatibles avec les nouveaux gaz réfrigérants, il faut toujours veiller à une meilleure efficacité énergétique. Une utilisation réussie de nouveaux gaz réfrigérants demande, d’une part, l’adaptation de la réglementation et des normes existantes et, d’autre part, la formation des installateurs. Les pertes dues aux fuites doivent être absolument réprimées et la récupération des gaz doit être améliorée, car ceci est la manière la plus simple de réduire les émissions nocives pour l’ozone. »
« Le volume maximum autorisé pour les gaz réfrigérants A3 et A2L doit augmenter. »




