SYMPOSIUM
Cool and Comfort 83 – novembre 2019
La Plateforme des Pompes à Chaleur (WPP) appelle à l’action
Douzième symposium des pompes à chaleur
Le symposium des pompes à chaleur est le rendez-vous annuel de tous les professionnels concernés par cette technique en Flandre. Cette douzième édition a attiré quelque 150 participants, représentant un mix équilibré de parties prenantes : le groupe le plus nombreux était celui des fabricants mais il y avait aussi parmi l’assistance des instituts de recherche, des fédérations, des pouvoirs publics, des sociétés d’installation…. Premier constat : les pompes à chaleur conquièrent peu à peu leur place sur le marché, surtout dans les constructions neuves. Mais il reste encore un long chemin à parcourir.
Par Alex Baumans
La pompe à chaleur fait partie de la solution
Le symposium avait lieu cette année dans un lieu particulièrement de circonstance : le bâtiment Herman Teirlinck de la Communauté flamande dans la zone du canal à Bruxelles, le plus grand immeuble de bureaux passif de Belgique. Son confort thermique est assuré par une installation de pompes à chaleur avec stockage de froid et de chaleur dans le sol. Le symposium offrait d’ailleurs l’occasion de participer à une visite guidée du bâtiment.
Dans son allocution d’ouverture, Wim Boydens, co-président de la WPP, a insisté sur le rôle de la pompe à chaleur dans la transition énergétique. L’important à cet égard, c’est que l’on considère la pompe à chaleur comme faisant partie d’un système. En effet, la solution à la problématique énergétique ne consiste pas en une seule technique mais en une combinaison de techniques dans un système global. Wim Boydens y voit des occasions de créer des communautés d’énergie selon la vision de l’UE. Ces organisations peuvent aborder le paysage énergétique au niveau des quartiers et développer des systèmes adaptés.
Luc De Smet, l’autre co-président de la WPP, s’est ensuite penché sur des mesures plus concrètes pour accélérer la transition énergétique. Une première condition est le tax shift énergétique. L’écart de prix entre les carburants fossiles et l’électricité reste scandaleusement élevé. Tant que les émissions de CO2 ne seront pas intégrées d’une manière ou d’une autre dans le prix des carburants, la pompe à chaleur restera financièrement désavantageuse. Il a aussi plaidé pour la création d’une carte de chaleur et pour un scénario de déploiement de réseaux de chaleur. Cela apportera aux propriétaires et aux investisseurs un cadre de référence dans la conception du système de chauffage. Il faut aussi mettre en place une réglementation adaptée pour les appartements, de telle sorte qu’une association de co-propriétaires puisse déjà commencer à réaliser des plans de rénovation. Parallèlement, il faut éviter que quelques récalcitrants au sein d’une telle association puissent bloquer tout le processus de décision.
La journée s’est clôturée avec un panel d’experts invités à donner des recommandations en matière de politique à suivre. Il se composait de Danielle Devogelaer (Bureau fédéral du Plan), Glenn Reynders (Vito/Energyville), Ivan Verhaert (UA) et Eric Waumans (Thercon). La politique devrait davantage cibler la rénovation. Cela représente un énorme potentiel, qui n’est pourtant guère utilisé. On pourrait penser à des exigences minimales pour la performance énergétique dans le cadre d’une rénovation, de façon que l’on cesse de rénover de manière sous-optimale. Parallèlement, il faut mieux mettre en avant les avantages d’une pompe à chaleur, et en premier lieu les possibilités de confort en été. Il convient toujours de motiver davantage l’utilisateur moyen par le gain de confort que par l’efficacité énergétique. Pour faciliter la décision sur l’investissement de départ élevé, une solution pourrait être la mise en place d’une formule de leasing. On assiste aux premières démarches en ce sens notamment aux Pays-Bas et on relève aussi quelques initiatives analogues dans notre pays. Mais le panel a lui aussi conclu que le prix élevé de l’électricité reste le principal écueil.
Nous ne devons pas hésiter à faire aujourd’hui des choses dont on est sûr noir sur blanc qu’elles seront favorables à l’économie verte.

