REPORTAGE  
Cool and Comfort 86 – septembre 2020

Contrôle énergétique des systèmes de climatisation

Dire que le contrôle énergétique obligatoire des systèmes de climatisation d’une capacité frigorifique nominale supérieure à 12 kW est plus que jamais négligé est peu dire. Et ceci est dommage car l’obligation de ce contrôle énergétique est dûment fondée et démontrera où la consommation d’énergie peut être optimisée. « Le contrôle énergétique n’est pas un coût, mais un investissement pour rendre les systèmes de climatisation plus efficaces au niveau énergétique », indique Filip Kempeneers, sur un ton convaincu.

Il n’arrive pas toujours que les trois régions, avec leurs politiques respectives en matière de HVAC, soient sur la même longueur d’onde, mais concernant le contrôle énergétique obligatoire des systèmes de climatisation d’une capacité frigorifique nominale supérieure à 12 kW au niveau du bâtiment pour un refroidissement de confort, elles agissent toutefois de concert. L’expert en énergie de climatisation, Filip Kempeneers, appelle les exploitants de bâtiments qui sont soumis à cette obligation de se mettre dûment en règle. Diverses raisons militent en faveur de cette option.

Conseil

« Je préfère me présenter comme un conseiller plutôt que comme un contrôleur. L’exploitant d’un bâtiment doit ressentir cette obligation comme une opportunité d’optimalisation. Les prix élevés de l’énergie poussent chacun à une consommation d’énergie intelligente. En même temps, nous augmentons le rendement et une quantité inférieure de gaz à effet de serre est émise. Avec une capacité frigorifique nominale du système de climatisation supérieure à 12 kW pour le refroidissement de confort, on n’est pas directement dans le secteur résidentiel, mais bien dans les immeubles de bureaux, les entreprises, le retail, l’horeca, etc. Pour que les choses soient parfaitement claires, je souligne que nous avons exclusivement ici un refroidissement pour le confort des personnes qui habitent et travaillent dans le bâtiment. La capacité frigorifique nominale du refroidissement industriel ou du stockage frigorifique, par exemple, n’est pas prise en compte, à l’exception d’un système de conditionnement d’air qui est utilisé tant pour le confort que pour le refroidissement industriel.

Le contrôle énergétique obligatoire des systèmes de climatisation d’une capacité frigorifique nominale supérieure à 12 kW pour le refroidissement de confort est en application depuis le 2 janvier 2016. Les installations AC qui sont placées depuis cette date doivent, dans les 12 mois qui suivent la première mise en service, être soumises à un premier contrôle. La fréquence de contrôle dépend de la capacité frigorifique : tous les 5 ans pour une capacité frigorifique comprise entre 12 et 50 kW, tous les 3 ans entre 50 et 250 kW et tous les 2 ans pour plus de 250 kW. Et que se passe-t-il pour les systèmes de climatisation qui ont été mis en service avant le 5 septembre 2016 ? Filip Kempeneers : « En fonction de la capacité frigorifique nominale, des données de contrôle extérieures sont imposées. Pour une capacité frigorifique comprise entre 12 et 50 kW, cela est dans les 5 ans, à compter du 5 septembre 2016. Il y a donc encore un peu de temps pour se mettre en règle ... »

Journal

Le contrôle énergétique comporte beaucoup de choses : le contrôle de la documentation (journal !), l’inspection visuelle, l’appréciation de l’utilisation correcte et le contrôle de plusieurs paramètres de fonctionnement. Filip Kempeneers met un rapport de contrôle sur la table et ce que l’on voit directement ce sont 7 pages de conseils ! « L’exploitant n’est pas tenu de suivre mes conseils, mais s’il veut économiser de l’énergie et des coûts, il conviendra qu’il le fasse. Il peut s’agir de recommandations pour mettre le réglage au point ou pour établir un plan de gestion de la légionelle, mais cela peut aussi concerner l’hygiène dans les conduits d’air et l’isolation des canalisations. Je vérifierai également le journal, si celui-ci est du moins présent. »

Filip Kempeneers compte plus de 20 années d’expérience et a beaucoup de respect pour le secteur du froid. Il se fie au sentiment d’honneur et au professionnalisme du spécialiste pour attirer l’attention de son client sur ce contrôle énergétique. La non-exécution est une atteinte à l’environnement et peut entraîner des poursuites judiciaires ou une amende administrative pouvant atteindre 250.000 euros. Mais pourquoi quelqu’un voudrait-il courir ce risque si le contrôle énergétique ne présente que des avantages ?

Par Rudy Gunst

Aircokeuring.FK@gmail.com

« Mes conseils contribuent à économiser l’énergie et les coûts. »

Filip Kempeneers, expert en énergie de climatisation.