REPORTAGE
Cool and Comfort 77 – mai 2018
Troisième forage géothermique sur le site Balmatt à Mol
Il y a de l’avenir dans le sous-sol de la Campine. Combien précisément, c’est ce qui est actuellement étudié par VITO (Sigle pour l’organisme flamand de recherche technologique) sur le site Balmatt à Mol où le troisième forage géothermique bat son plein. Outre l’étude des différentes couches de terrain, le VITO est surtout occupé, avec ce projet de recherche, à cartographier le potentiel géothermique. Selon le scénario le plus optimiste, la Campine et le reste des provinces d’Anvers et de Limbourg peuvent, à l’avenir, assumer elles-mêmes une grande partie de leur production durable de chaleur et d’électricité.
Les forages de reconnaissance ont lieu sur les anciens terrains de l’entreprise de transformation d’amiante Balmatt Industries à Mol. On peut deviner que le secteur privé n’était guère intéressé par le lancement d’un nouveau projet sur ces terrains. Mais VITO avait d’autres idées à ce propos. C’est l’emplacement idéal pour étudier le sous-sol de la Campine en toute tranquillité. Le premier forage a été lancé le 14 septembre 2015 et s’est arrêté à 3 610 m. A suivi ensuite une semaine d’essais et de mesures qui ont confirmé le potentiel géothermique : la pierre calcaire contient de l’eau chaude et est suffisamment perméable pour pouvoir pomper l’eau. La température de l’eau dans le sous-sol est d’environ 138 °C dont 126 à 128 °C restent à la surface. Toutefois, il a fallu tenir compte des matériaux utilisés, car l’eau contient environ 160 grammes de sel par litre, ce qui est près de cinq fois plus que l’eau de mer. Le deuxième forage a atteint une profondeur de 3 830 m, mais a été commandé obliquement ce qui fait que le trou de forage a atteint une longueur totale de 4 341 m. Avec ce deuxième puits de forage, on vérifie si l’eau pompée peut être réinjectée dans la couche de calcaire après l’extraction de la chaleur. Les résultats ont été positifs.
« Actuellement, le troisième forage de reconnaissance est en cours », indique Ann Smeyers, chef de projet auprès de Smet Group. « Dans ce contexte, nous allons jusqu’à une profondeur de 4 500 mètres avec une longueur totale de trou de forage d’environ 5 000 m. Ce projet est un défi fantastique pour toutes les parties concernées. Non seulement pour VITO mais aussi pour tous les partenaires de la construction. Smet Group et la société de forage allemande Daldrup & Söhne AG, dirigent le projet mais ils sont aidés par d’innombrables sous-traitants, chacun avec sa spécialisation et son expérience spécifiques. Smet Group a exécuté à chaque fois les deux premières phases des forages jusqu’à des profondeurs respectives de 30 et 200 m. C’est la profondeur maximale atteinte par Smet group avec ses forets à aspiration, après quoi Daldrup & Söhne AG prend la suite avec ses forets à vis. »
« C’est un projet pour lequel nous payons des frais d’apprentissage, mais cela nous rend d’autant plus forts. Pour le premier sondage, nous avions calculé 74 jours, mais cette durée a finalement été portée à 122 jours. Lors du deuxième forage, nous avons rencontré de tout : les 75 jours de forage se sont transformés en 136. On ne peut pas imaginer tout ce qui peut se passer sous le sol. Nous avons dû découper des tiges de forage, cémenter le puits de construction, utiliser de plus petits diamètres pour parvenir au réservoir souterrain et nous sommes tombés sur un grès très abrasif avec pour résultat une usure élevée des outillages ce qui nous a obligés à changer de trépan plus souvent qu’à notre tour. Chez Smet Group, nous sommes fiers qu’une entreprise spécialisée est notre domaine de spécialisation, qu’il s’agisse d’épuisements, de forages verticaux, d’électromécanique, d’énergie du sous-sol, de microtunnelage, de forages en tunnel avec segments, de rénovation d‘égouts ou de techniques de fondation et de consolidation. Nous obtenons ici pleinement l’opportunité de réaliser ceci. »
Par Rudy Gunst


