TECHNIQUE  
Cool and Comfort 78 – septembre 2018

Prenez garde au risque mortel de l’empoisonnement au gaz carbonique

Dans l’industrie, nul n’ignore le danger inhérent au gaz carbonique (CO2). Un gaz incolore, inodore, insipide et hautement toxique. Mais la nature du danger n’est pas toujours bien comprise. Beaucoup d’organisations publient les limites d’exposition maximales pour les salariés. Néanmoins, on dénombre chaque année des accidents tragiques pourtant évitables.

Plus lourd que l’air, le CO2 stagne au niveau du sol et peut former des poches mortelles, par exemple, dans les caves et les espaces clos, notamment les réservoirs et silos.

Les gaz carbonique peut tuer de deux manières : par asphyxie ou par empoisonnement. L’asphyxie résulte de l’insuffisance d’oxygène dans l’air, chassé par l’accumulation du gaz carbonique. Et lorsque la teneur dans l’air est passée à seulement 0,5%, le CO2 agit comme un poison mortel. Un détecteur d’oxygène n’est pas une garantie suffisante de sécurité. Une étude a montré qu’une teneur de 7% en CO2 suffit à provoquer la mort en 5 minutes, même si la concentration en oxygène est normale.

Un équipement personnel de surveillance du gaz est nécessaire pour détecter le CO2 et protéger la vie de l’utilisateur.

Le mal de tête et la difficulté respiratoire sont les premiers symptômes, à partir de 2% CO2, dans l’air ambiant. A partir de 5%, s’ajoute l’essoufflement et la confusion. Une concentration de 8% à 10% provoque un mal de tête sévère, accompagné de transpiration, frissons et perte de conscience dans les 5 - 10 minutes. Au-delà de 10%, surviennent les difficultés respiratoires, vomissements et hypertension, qui peut provoquer la mort. Une exposition à 20-30% peut provoquer, en une minute, des convulsions et un coma. Le danger est souvent perçu lorsqu’il est déjà trop tard, parce que le CO2 est inodore et incolore.

Limites d’exposition

Les limites à respecter dépendent de la teneur en CO2 et de la durée d’exposition. La fumée d’une cigarette contient également du CO2, mais la détérioration de la santé n’est perceptible qu’à long terme. Par contre, lorsque dans un endroit la teneur en CO2 est très élevée, il suffit d’une minute pour faire face à la mort.

La valeur limite pour une exposition de courte durée (STEL : Short Term Exposure Limit) est la concentration maximale admissible pendant une courte période, en général 15 minutes. Le plus souvent, la valeur STEL se situe entre 1,5 et 3,0%. La valeur limite pour une exposition de longue durée est désignée LTEL (Long Term Exposure Limit). Elle est calculée sous la forme d’une moyenne pondérée par le temps d’exposition de 8 heures (TWA : Time Weighted Average). Pour le CO2, il s’agit le plus souvent de 0,5%.

Les périodes d’exposition dépassant la limite TWA sont admissibles lorsque la valeur STEL n’est pas dépassée et qu’une exposition plus basse équivalente permet de compenser.

Comment faire pour rester dans les limites de sécurité ?

Pour respecter les valeurs limites d’exposition au CO2 prescrites sur les lieux de travail, définies par des valeurs TWA, la teneur en CO2 doit être monitorée pour chaque salarié à titre individuel. On doit utiliser à cette fin un appareil individuel. Un détecteur léger et compact facilite l’acceptation de cette contrainte. Le détecteur mesure l’air respiré par le salarié et doit être positionné dans la zone de respiration, par exemple, à hauteur du buste, et non pas autour poignet, ni dans la poche du pantalon. Le signal émis en cas de danger doit être instantanément audible par l’utilisateur, même dans un environnement bruyant.

Choisissez un appareil simple. En matière de sécurité, rien de tel qu’un détecteur à un seul bouton et un signal clair. Faites en sorte que chacun sache ce qu’il doit faire dans chaque circonstance. Les appareils de protection utilisés dans les environnements exigeants doivent être robustes et fiables, les circuits électroniques sont à l’abri dans un boîtier antichoc. Etant donné que le détecteur de gaz doit être en contact avec l’atmosphère, le boîtier ne doit pas être absolument étanche, mais il doit néanmoins résister à la poussière et à l’eau.

Quel que soit le modèle sélectionné, il faut souligner l’importance de l’entretien et du calibrage.

Le contrôle régulier avec du gaz (bump test) est la seule manière de vérifier si le détecteur réagit correctement en présence de gaz.

Illustrations Vigotec

www.vigotec.be